Les Quatre Airts

par Doreen Valiente version française Tof


Il s’agit d’un ancien mot gaélique désignant les quatre points cardinaux : nord, sud, est et ouest. Ils sont importants en magie, puisque le Cercle magique doit être orienté selon ces points.
Autrefois, les églises chrétiennes étaient aussi scrupuleusement orientées, avec le grand autel à l’est ; mais actuellement, cette coutume n’est plus toujours respectée, probablement parce que de nos jours la rareté des terrains oblige les architectes des églises à construire du mieux qu’ils peuvent sur le terrain dont ils disposent. La Grande Pyramide est orientée avec une précision remarquable.
Il y a en général une chandelle ou une lampe à chacun des points cardinaux. Les pouvoirs des Quatre Eléments sont bien sûr liés aux Quatre Airts. Différentes formes de magies attribuent différentes correspondances à ces directions, mais dans la tradition magique occidentale, en général, l’air est à l’est, le feu au sud, l’eau à l’ouest et la terre au nord.
Cette attribution est basée sur les vents dominants. En Grande Bretagne, le vent du sud apporte chaleur et sécheresse, alors que le vent d’ouest apporte en général des conditions pluvieuses. Ainsi, ces directions sont respectivement celles du feu et de l’eau. Le vent d'est est froid, sec et fortifiant, voilà pourquoi on y place l’air. Le vent du nord est glacé et réfrigérant et vient de là où sont les neiges éternelles. Il représente la noirceur de la terre.
Dans d’autres parties du globe, ces conditions ne s’appliquent bien sûr pas ; ainsi, le magicien réellement expérimenté, contrairement à celui qui a tout appris dans les livres, tiendra compte des vents prédominants dans sa propre région et invoquera les Quatre Eléments en conséquence. Traditionnellement, les Airts Gaéliques sont associés à des couleurs. L’est est associé au rouge du soleil levant, le sud à la lumière blanche de midi, l’ouest au gris brun du crépuscule et le nord au noir de minuit.
Dans cet esprit, il faut remarquer que le chant « Black Spirits » dont il est question dans le « Macbeth » de Shakespeare n’a pas été écrit par lui, mais vient d’une autre pièce de théâtre, « The Witch » de Middleton, et peut fort bien être un vieux chant populaire. En voici le texte :

          Esprit noir et blanc
          Esprit rouge et gris
          Mêlez-vous, mêlez-vous, mêlez-vous
          Que vous vous mêliez
          Firedrake, Pucky
          Que cela porte chance
          Liard, Robin
          Vous devez venir
          Autour, autour et tout autour
          Tout prêt, tout prêt
          Et le mal accoure
          Et le bien se tient à distance.

En fait, il s’agit d’une invocation des quatre points cardinaux par les couleurs des anciens Airts Gaéliques et les sorcières écossaises décrites par Shakespeare se la sont fort étrangement attribuée. Firedrake, Puckey, Liard et Robin étaient les noms des familiers des sorcières.

Voilà une version utilisée par des sorcières contemporaines :

          Esprit noir et blanc
          Esprit rouge et gris
          Venez et venez
          Advienne que pourra
          Autour et autour
          Partout et prêt
          Et le bien accoure
         
Et le mal se tient à distance.

L’idée magique de danser ou de faire une ronde deaseil ou tuathal est liée aux Quatre Airts. Deaseil, ou dans le sens du soleil, porte chance et apporte la bénédiction, mais tuathal, ou dans le sens contraire au soleil, est en général un mouvement de magie antagonique et de malédiction. Ces mots viennent des noms gaéliques écossais des points cardinaux : tual : nord ; airt : est ; deas : sud ; et iar : ouest. Airt est le point de départ des invocations ; ainsi, on tourne du côté de la main droite vers deas ou vers la main gauche ; littéralement, le côté sinistre vers tuath.

 

retour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

wicca